Sur le papier, le PVC isole un peu mieux et coûte moins cher. L’aluminium tient des dimensions plus grandes avec des profilés plus fins et accepte à peu près n’importe quelle teinte. Voilà le match, il tient en deux lignes et vous le trouverez partout.
Sauf que ce n’est presque jamais pour ces raisons-là que nos clients regrettent leur choix cinq ans plus tard. Quand ils reviennent en agence, ils ne parlent pas de coefficient thermique. Ils parlent :
- de la couleur qu’ils n’ont pas pu avoir,
- du montant central qui leur paraît épais,
- de la fenêtre du voisin qui a l’air plus moderne que la leur.
Cet article part de ce qu’on constate sur nos chantiers en Ille-et-Vilaine, pas de la fiche technique du fabricant.
Le regret le plus fréquent n’a rien de technique
Le motif numéro un de déception sur le PVC, c’est l’esthétique.
- Le choix de teintes reste limité,
- l’ouvrant est plus épais,
- la surface vitrée plus petite.
Les clients voient de l’aluminium chez des amis, trouvent ça plus fin, plus contemporain, et se disent qu’ils sont passés à côté.
C’est un point que peu d’installateurs disent à voix haute, parce qu’il n’est pas mesurable. Une fenêtre PVC correctement posée fait très bien son travail pendant des années.
Le problème, c’est qu’on la regarde tous les jours, et que le confort thermique devient invisible au bout de deux hivers alors que le dessin du châssis, lui, reste sous les yeux.
Notre conseil quand le budget le permet et que la façade est très visible : mettez l’aluminium là où ça se voit, pièces de vie et façade sur rue, et gardez le PVC sur les chambres et les pièces d’eau. Personne ne vous oblige à choisir un seul matériau pour toute la maison.
Lequel isole le mieux, le PVC ou l’alu ?
Le PVC, par nature. C’est un matériau isolant, alors que l’aluminium conduit la chaleur et a besoin d’une rupture de pont thermique pour être performant. À gamme équivalente, l’écart existe donc bien.
Ce qu’on observe en rénovation, c’est que cet écart est rarement ce qui décide du confort de la pièce. Une fenêtre PVC posée sans traitement sérieux de l’étanchéité autour du dormant sera moins agréable qu’une fenêtre alu à rupture de pont thermique posée proprement.
Le point faible d’une rénovation, ce n’est presque jamais le profilé, c’est la liaison entre la menuiserie et le mur.
Autrement dit : si vous hésitez entre deux devis et que l’un met en avant le matériau alors que l’autre vous explique comment il va traiter les tableaux et les coffres, prenez le second.
La différence qu’on voit tous les jours : le clair de jour
Le clair de jour, c’est la surface réellement vitrée, celle qui laisse passer la lumière. À dimensions de baie identiques, l’aluminium en donne plus, parce que ses profilés sont plus fins.
Sur les fenêtres à frappe, il existe en plus une option qui change beaucoup l’allure : la battue centrale réduite. Sur une fenêtre à deux vantaux, le montant du milieu est normalement large, puisqu’il superpose les deux ouvrants. En version réduite, ce montant s’affine nettement. On gagne de la lumière, et surtout la fenêtre perd son air de menuiserie standard.
Est-ce que le PVC bouge avec la chaleur ?
Oui, ça arrive, et surtout en teinte foncée sur une façade exposée plein sud. Le PVC se dilate plus que l’aluminium, et une couleur sombre monte plus haut en température.
Maintenant la partie que vous ne lirez pas souvent : le problème ne concerne pas que le PVC. On le voit aussi sur des gammes en aluminium, chez plusieurs marques.
Ce qui protège une menuiserie foncée, ce n’est pas le matériau, c’est :
- la qualité du profilé,
- le renfort interne
- et le traitement de surface.
Donc si vous voulez du gris anthracite ou du noir sur une façade sud, la bonne question à poser à votre installateur n’est pas « PVC ou alu », c’est « quelle gamme précisément, et qu’est-ce que la garantie couvre sur les teintes sombres ». Un professionnel qui ne sait pas répondre à ça n’a pas regardé la fiche de son propre produit.
Est-ce que l’aluminium rouille sous la pluie ?
Non. La rouille, c’est du fer qui s’oxyde, et il n’y a pas de fer dans l’aluminium. Sous la pluie bretonne, un châssis alu laqué ne craint rien de particulier.
La vraie question, c’est l’air marin, et là on est franc : il faut être pratiquement en première ligne face à la mer pour rencontrer des soucis de corrosion. Dans la grande majorité des rendez-vous qu’on fait à Rennes, Vitré, Redon ou dans les communes autour, on constate sur place qu’il n’y a pas de contrainte particulière et que l’aluminium convient très bien.
Si votre maison est réellement exposée aux embruns, dites-le au métreur. Il existe des laquages renforcés prévus pour ça. Mais nous ne vous vendrons pas cette inquiétude si votre terrain est à vingt kilomètres de la côte.
Combien de temps ça tient, vraiment ?
Les deux matériaux durent longtemps, et ce n’est presque jamais le profilé qui décide de la fin de vie d’une fenêtre. Ce qui fatigue en premier, c’est :
- la quincaillerie,
- les joints
- et les réglages.
Une fenêtre bien réglée, avec des joints remplacés quand ils durcissent, reste étanche très au delà de ce que les gens imaginent. À l’inverse, une menuiserie haut de gamme jamais entretenue commence à siffler et à frotter au bout de quelques années.
Demandez à votre installateur ce qu’il prévoit après la pose, et s’il repasse régler les ouvrants.
En pratique, la plupart des fenêtres qu’on remplace ne sont pas cassées. Elles sont simplement dépassées thermiquement, ou leur propriétaire ne les supporte plus visuellement.
Lequel coûte le plus cher ?
L’aluminium, à prestation équivalente. L’écart n’est pas fixe, il dépend surtout :
- de la dimension,
- du type d’ouvrant,
- de la présence d’un coffre de volet roulant
- et du choix d’une teinte bicolore.
Ce qui fait vraiment gonfler une facture de menuiserie, ce n’est pas le matériau, ce sont les points suivants :
- la reprise des tableaux quand le mur est irrégulier,
- l’intégration d’un coffre de volet roulant qui n’existait pas,
- la création ou la reprise d’un linteau,
- et le traitement des ponts thermiques autour de la baie.
Un devis qui ne mentionne aucun de ces postes n’est pas moins cher, il est incomplet.
Ce que change une maison des années 80
Sur le chantier de Pacé, le choix du matériau a pris dix minutes. Le reste du projet a pris beaucoup plus longtemps, et c’est là que se joue la qualité du résultat.
Il a fallu :
- ajuster les tableaux,
- intégrer les coffres de volet roulant en créant une poutre qui devienne un élément de décor plutôt qu’une verrue au dessus de la fenêtre,
- et traiter les ponts thermiques sur tout le périmètre.
Une maison de cette époque a des maçonneries qui ne sont ni régulières ni d’équerre, et personne ne le voit tant que la vieille menuiserie est en place.
Le bicolore, noir dehors et blanc dedans
Le bicolore est une possibilité de l’aluminium que le PVC n’offre pas dans les mêmes proportions. On laque une teinte à l’extérieur et une autre à l’intérieur.
À Pacé, c’est du noir côté rue et du blanc côté pièces. Le noir modernise la façade, le blanc évite d’assombrir l’intérieur, ce qui compte dans une région où la lumière d’hiver n’est déjà pas généreuse.
Les clients qui ont fait poser du gris anthracite partout, y compris à l’intérieur, nous disent parfois que la pièce leur paraît plus fermée. C’est une question de goût, mais autant le savoir avant de signer.
Et le mixte bois-alu ?
C’est la troisième voie, et on la pose régulièrement. L’aluminium prend l’extérieur et les intempéries, le bois reste visible à l’intérieur. On travaille souvent avec MéO, et la gamme SO de Solabaie propose plusieurs configurations mixtes.
C’est plus cher que l’alu seul, donc ce n’est pas un choix par défaut. Ça se justifie dans deux cas.
- Le premier, quand vous voulez du bois chez vous sans avoir à le repeindre tous les cinq ans.
- Le second, quand la maison se trouve dans un secteur où l’aspect extérieur est encadré, ce qui arrive à Vitré et dans certaines parties du centre de Rennes.
Dans ce cas, renseignez-vous au service urbanisme de votre commune avant de commander quoi que ce soit, les prescriptions varient d’une rue à l’autre.
Comment trancher dans votre cas
- Grandes baies, façade très visible, envie d’une teinte précise : aluminium.
- Budget serré, ouvertures de taille standard, blanc ou teinte claire : PVC, sans complexe.
- Façade plein sud et couleur foncée : demandez la gamme exacte et ce que couvre la garantie, quel que soit le matériau.
- Maison ancienne en pierre ou secteur réglementé : le sujet n’est plus le matériau mais la pose et l’autorisation.
- Envie de bois à l’intérieur sans entretien extérieur : mixte bois-alu.
Questions fréquentes
Quel est l’inconvénient majeur du PVC ?
Son rendu. Choix de teintes restreint, profilés plus épais, moins de surface vitrée. Techniquement il tient très bien, c’est visuellement qu’il déçoit certains clients avec le temps.
Quels sont les avantages de l’aluminium ?
Des profilés fins qui laissent passer plus de lumière, la possibilité de grandes dimensions, et une liberté quasi totale sur les couleurs, y compris en bicolore.
Est-ce que l’aluminium rouille sous la pluie ?
Non, il ne contient pas de fer. Seule une exposition directe aux embruns marins justifie un laquage renforcé, et c’est un cas rare en Ille-et-Vilaine.
Quelle est la durée de vie d’une fenêtre PVC ou alu ?
Les deux tiennent très longtemps. Ce sont la quincaillerie et les joints qui vieillissent en premier, pas le profilé. L’entretien et les réglages comptent plus que le matériau.
Quelle marque offre le meilleur rapport qualité-prix ?
Il n’y a pas de réponse unique, et méfiez-vous de ceux qui en donnent une. Comparez plutôt la gamme précise, le renfort des profilés, la garantie sur les teintes sombres et ce que le poseur prévoit pour les tableaux et les coffres.
Voir la différence en vrai
La battue centrale réduite, le bicolore, l’épaisseur d’un ouvrant PVC à côté d’un ouvrant alu : ce sont des choses qui se jugent en trente secondes devant un modèle, et pas du tout sur une photo.
Nos showrooms de Rennes, Vitré et Redon sont ouverts pour ça. Venez avec une photo de votre façade, on vous dira franchement ce qui ira et ce qui n’ira pas.

